La loi n° 2025-444 du 21 mai 2025 a supprimé le panachage dans les communes de moins de 1 000 habitants et généralisé le scrutin de liste paritaire. Le bulletin de vote pour les municipales 2026 dans ces communes change de logique : il présente une liste fermée, sans possibilité de rature ni d’ajout de nom. Concevoir un modèle conforme aux exigences préfectorales suppose de maîtriser des contraintes précises de format, de contenu et de mise en page.
Scrutin de liste fermée : ce qui change sur le bulletin en 2026
Jusqu’aux précédentes élections, un électeur d’une commune de moins de 1 000 habitants pouvait barrer des noms, en ajouter d’autres, panacher entre plusieurs candidatures. Le bulletin servait de support personnalisable.
Ce mécanisme n’existe plus. La suppression du panachage et des ratures transforme le bulletin en un document de choix d’équipe. Toute modification manuscrite de la liste rend le vote nul.
En pratique, la maquette ne doit inclure aucun élément qui suggère une personnalisation : pas de case à cocher devant chaque nom, pas de ligne vide pour inscrire un candidat extérieur, pas de consigne invitant à barrer. Le bulletin présente un bloc de noms, dans l’ordre de la déclaration de candidature, sans dispositif de sélection individuelle.
Désignation automatique des conseillers communautaires
Un point rarement explicité : dans les communes de moins de 1 000 habitants, le bulletin municipal désigne aussi les conseillers communautaires. L’ordre de la liste détermine qui siégera à l’intercommunalité, selon le nombre de sièges attribués à la commune.
Le bulletin ne comporte pas de section séparée pour les conseillers communautaires (contrairement aux communes de plus de 1 000 habitants, où deux listes figurent sur le même document). L’enjeu communautaire est donc invisible pour l’électeur, mais l’ordre des noms sur le modèle a des conséquences directes.

Format et mentions obligatoires du bulletin de vote municipal
Les prescriptions réglementaires (articles R. 30 et suivants du code électoral) fixent des contraintes matérielles non négociables. Un bulletin qui s’en écarte sera refusé par la commission de propagande ou déclaré nul au dépouillement.
| Critère | Exigence réglementaire |
|---|---|
| Format | A5 (148 x 210 mm), orientation paysage (horizontale) |
| Papier | Blanc, grammage compris entre 70 et 80 g/m² |
| Impression | Une seule couleur sur fond blanc (pas de bichromie) |
| Noms des candidats | Nom et prénoms identiques à la déclaration de candidature déposée en préfecture |
| Mentions interdites | Photo ou nom d’un non-candidat, représentation d’un animal, mention susceptible de troubler l’ordre public |
Le format paysage est une source fréquente d’erreur. Un bulletin imprimé en portrait (vertical) sera écarté, même si toutes les autres mentions sont correctes.
Mentions facultatives mais encadrées
Un titre de liste peut figurer sur le bulletin. Des bandeaux décoratifs sont autorisés à condition de rester dans la même couleur que le texte. En revanche, la combinaison bleu-blanc-rouge est interdite sur le bulletin comme sur la circulaire.
Aucun logo de parti n’est exigé, et son absence ne pose aucun problème de conformité. Dans les petites communes, la plupart des listes se présentent sans étiquette.
Erreurs concrètes qui invalident un bulletin en préfecture
La commission de propagande contrôle chaque modèle avant impression et diffusion. Plusieurs motifs de rejet reviennent systématiquement.
- Un nom orthographié différemment de la déclaration officielle de candidature (accent manquant, prénom abrégé, inversion nom/prénom). La correspondance doit être strictement identique, caractère par caractère.
- L’utilisation de deux couleurs d’impression sur le même bulletin, y compris un bandeau dans une teinte distincte du texte. Tout le document doit être monochrome.
- Un grammage de papier hors de la fourchette réglementaire. Un papier trop fin ou trop épais entraîne un rejet, même si le contenu est irréprochable.
- La présence d’éléments de personnalisation (cases, lignes vierges) hérités d’anciens modèles conçus pour le panachage. Ces éléments n’ont plus lieu d’être depuis la loi de 2025.
La commission n’a pas compétence pour vérifier la conformité des affiches, et elle ne contrôle pas non plus le respect d’autres dispositions que celles relatives au format et aux mentions du bulletin. Son périmètre est strict, mais les motifs de rejet qu’elle applique sont sans appel.

Modèle type d’un bulletin conforme pour une commune de moins de 1 000 habitants
Un bulletin validé en préfecture pour ce type de commune se présente ainsi : une feuille A5 horizontale, imprimée en une seule couleur sur papier blanc. En haut, le titre de la liste (facultatif). En dessous, la mention « Élection municipale – commune de [nom] ». Puis la liste complète des candidats dans l’ordre de la déclaration, avec nom de famille et prénoms complets.
Aucun séparateur graphique entre les noms n’est requis. Un simple retour à la ligne suffit. Le nombre de candidats correspond au nombre de sièges à pourvoir dans la commune, sans suppléant.
Soumission à la commission de propagande
Les bulletins et circulaires doivent être remis non pliés et en cinq exemplaires à la commission de propagande. Une version numérique de la circulaire est également exigée pour sa mise en ligne dès l’ouverture de la campagne.
Le délai de remise est fixé par arrêté préfectoral. Un dépôt tardif ne permet pas de bénéficier de l’envoi groupé aux électeurs par la commission, ce qui oblige la liste à assurer elle-même la distribution.
La suppression du panachage a simplifié la maquette du bulletin, mais elle a aussi réduit la marge de tolérance : un document qui ne respecte pas le format de liste fermée sera systématiquement écarté. Vérifier chaque nom, chaque paramètre technique du papier et chaque mention avant impression reste le seul moyen d’éviter un rejet qui, à quelques jours du scrutin, laisse peu de temps pour corriger.

