Politique

La Religion a-t-elle encore du pouvoir sur l’État ?

Le modèle implicite de référence demeure celui de l’État confessionnel, mais, « parce qu’on ne peut demander aux Français ce qu’on exige des Espagnols » (Pie XII), la hiérarchie consent à passer compromis. Selon Marcel Gauchet, une raison essentielle de cet affaissement est précisément la chute de tension entre l’Etat et l’Eglise, du fait que l’autonomie de la société politique a cessé d’être un combat : les Eglises et les croyants ont eux-mêmes intériorisé l’idée qu’il «est devenu incongru ou grotesque de mêler l’idée de Dieu à la norme de la société des hommes… L’autonomie l’a emporté; elle règne sans avoir à s’affirmer en face d’un repoussoir fort de l’épaisseur des siècles, et cela change tout» 15 . Resumé L’expérience collective des jeunes, chrétiens ou musulmans, contribue souvent à leur socialisation : un rassemblement religieux fait pour les uns l’effet d’une «bonne nouvelle» et mieux connaître le Coran peut donner aux autres l’autonomie intellectuelle et spirituelle… Resumé L’expérience collective des jeunes chrétiens o. Seules les religions « historiques », œuvres d’un fondateur qui a su imposer et institutionnaliser ses convictions et ses attitudes religieuses, ont un besoin vital de se rattacher à leur source pour en garder le même courant, sous peine de perdre leur identité. Pour la plupart des sociologues du XIXe siècle, au contraire, l’Etat et la société sont sinon menacés dans leur existence, du moins affectés dans la qualité et la cohésion de cette existence, par le recul de la religion.

40 – Concernant le lundi de Pentecôte, là où il y a le plus de peinés, ce n'est pas forcément dans le monde des croyants, c'est dans le monde ouvrier, des travailleurs, ceux qui disait que l'on est en train d'aménager quelque chose pour nous retirer des jours de libres. Plus que de s'interroger sur la laïcité, parce qu'à part deux visions de la laïcité différentes que l'on voit bien en la France on n'est bien d'accord sur ce qu'est la laïcité, ce qui est intéressant c'est de voir d'où cela vient cet esprit français. Chaque Église a non seulement ses dogmes, mais aussi sa morale, et celle-ci se traduit souvent par des règles juridiques, concernant maints aspects de la vie personnelle, le mariage et la famille en particulier : ainsi, telle religion admet, telle autre n’admet pas le divorce. Ce qui m'a frappé c'est la majorité des réponses, et c'est typique je le constate tout les jours, parce que je continue cette enquête encore actuellement, en particulier dans le monde étudiant, c'est qu'il y a de plus en plus de gens qui disent : « je suis athée ». Issu du Cartel des Gauches, le gouvernement Herriot (1924-1925) reprend alors les combats de l’avant-guerre : il déclare vouloir rompre toute relation diplomatique avec le Saint-Siège, reprendre l’expulsion des congréganistes et, surtout, appliquer les lois laïques aux départements, encore régis par le Concordat, d’Alsace-Moselle.

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À son fondement, on trouve, après la décennie révolutionnaire 3, le Concordat de 1801, complété lui-même par les « articles organiques » que lui adjoint unilatéralement Napoléon Bonaparte en 1802 4. Aujourd'hui on fait n'importe quoi avec nos modèles sociaux, tout ça parce que l'on considère instinctivement ou autrement que quoiqu'il arrive l'Homme s'en sortira toujours. Aussi, parce qu’il apparaît alors impossible dès la Révolution de se tourner vers un roi " Très Chrétien " pour guider la France, c’est vers le pape que Maistre va se tourner. Ce sont aussi des voies (et des voix) divergentes, à l’écart des conformismes consuméristes et libéral-libertaires de la société civile, y compris des dérives du «victimisme» – ceci dans le cadre du droit commun certes, mais avec des utopies et des formes de vie qui ne sont pas nécessairement congruentes avec celles des majorités «loft-storisées». Les sociologues ont analysé les nombreuses facettes de ce nouvel univers des croyances, où règnent le religieux “buissonnier”, le religieux “bricolé”, le religieux “hors appartenance”, les “croyances flottantes”, le tout assorti d’un fort relativisme. Penseur catholique partisan du libéralisme, Tocqueville va même jusqu’à défendre la démocratie en montrant que l’Ancien Régime lui-même est responsable de la Révolution tant déplorée, et en exposant que la religion a un pouvoir indirect particulièrement adapté à la démocratie, et qu’ainsi la démocratie renforcerait le pouvoir de l’Eglise. On aura soin de noter cependant que ces discordances, si elles révèlent une forte insatisfaction devant certaines législations, ne traduisent aucune volonté de remettre en cause le cadre juridique de la laïcité. La question religieuse et politique , et les grands phénomènes sociaux et religieux, presque en sommeil depuis de nombreuses années, ont eu du mal à trouver des explications théoriques et à s’intégrer en termes « scientifiques » à l’ensemble des disciplines des Sciences humaines et sociales, probablement dû au fait que le noyau explicatif se trouve dans une longue et profonde crise épistémologique et ses diverses voies d’interprétation.

La question religieuse et ses relations avec la politique

Alors pourquoi ce sentiment, omniprésent dans nos sociétés, de l’incapacité du pouvoir politique à contrôler l’économie et la finance, à influer sur ce qui s’est dématérialisé (l’argent, les flux financiers. Sous l’effet de l’individualisme, les appartenances se dissolvent ou se relâchent, et la religion est vécue “à la carte” 12 dans l’ensemble de ses dimensions (pratiques cultuelles et éthiques, croyances…). Une telle conception de la monarchie consacrée par Dieu lui-même permet de subordonner l’Eglise de France au roi, puisqu’on ne voit pas au nom de quelle légitimité le roi pourrait être critiqué par un évêque ou un religieux.

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Les déclarations ci-dessus l’ont déjà suggéré : le magistère, depuis le Concile, peut bien affirmer la neutralité du pouvoir politique vis-à-vis des cultes, et leur égalité devant la loi ; il ne se reconnaît pas pour autant dans la dissociation absolue des instances. Les dirigeants politiques savent fort bien qu’ils peuvent se passer de l’assentiment de l’Eglise : ses propres fidèles ne la suivent pas sur ces points comme sur d’autres, ce qui rend fragile sa légitimité sur ces questions.

    Ceci dit on pourrait se poser la question différemment : est-ce que nous-mêmes en tant que citoyen, peut-être, on l'a dit auparavant, en s'attachant plus aux questions qu'au réponses, et en prenant une part de responsabilité, non en se fiant à des réponses ou à des dogmes préétablis, est-ce que le citoyen de demain donc, par la redécouverte de sa responsabilité, ne pourrait pas retransmettre un fait religieux à la société . Cette attitude, qui signale la prégnance alors de la « stratégie de l’enfouissement », ouvre, mais cette fois à l’initiative de l’Église, sur ce que René Rémond appelle à l’époque une « seconde séparation » 40.

    A leurs yeux, celle-ci n’est pas d’abord constituée de connaissances et de convictions intellectuelles vraies ou fausses, ni d’institutions chargées de les produire, de les répandre et de les surveiller, mais de sentiments et d’aspirations, de valeurs et d’incitations morales, de rites et de cérémonies, de comportements et de règles de vie, de solidarités communautaires et extra-communautaires.

    C’est le contraire qui s’est produit : on a assisté, en passant par une histoire tragique certes, à une renaissance depuis deux ou trois décennies – renaissance réelle malgré des aspects ambigus (identitaires, par exemple).

    Et de toutes façons, la vérité n’a pas besoin d’être défendue par la politique car elle a sa propre force : on peut donc bien être chrétien dans un Etat laïc, et une telle situation donne bel et bien un sens à l’engagement civique chrétien.

    S’accroîtra aussi, dans le cadre des religions de la tradition, la part des «pèlerins», c’est-à-dire de ces croyants à la pratique intermittente mais intense, participant à des moments forts mais ponctuels 20 . Sa conception très extensive des « libertés religieuses essentielles » l’entraînera par exemple, tout au long de la période de référence, à susciter et à conduire des mobilisations d’importance en faveur de la « représentation proportionnelle scolaire ». Après avoir compris qu’après la Révolution, toute alliance de l’Eglise avec l’Etat était désormais utopique, inenvisageable, il préconise à l’Eglise de se détacher complètement de toute dépendance à l’égard du temporel, pour ne plus dépendre que d’elle-même. Si Hobbes est encore aujourd’hui considéré comme le fondateur de l’État moderne, c’est bien parce qu’il a pu penser l’État comme la production des hommes, qui se donnent à eux-mêmes leurs propres lois et institutions indépendamment de toute intervention divine. C’est l’une des raisons, à mon sens, qui fait que des religieux auraient quelque motif de trouver minimal ou insuffisant un enseignement neutre d’histoire des religions en termes de simples connaissances religieuses : non qu’ils veuillent un enseignement confessionnel voire prosélyte, mais ils ont le sentiment que le fait religieux réduit à des idées et des événements est profondément tronqué. On peut aussi s'étonner sur le fait qu'aujourd'hui un évêque, qui est normalement nommé par le pape, en tout cas au sein de l'Église, est également nommé avec la concertation du pouvoir civil. Pour en revenir à cette liberté des religions, le ministre turc, lors de sa visite à Paris, sa venue était pour parler de l'intégration de la Turquie dans l'Europe, disait que sa fille était obligé d'aller étudier aux États-Unis parce qu'en France elle ne peut pas porter le foulard. L’Église alors se trouve en phase avec le Syllabus de Pie IX (1864) : l’opinion suivant laquelle « l’Église doit être séparée de l’État ; et l’État séparé de l’Église est funeste et pernicieuse » 10. Tout en se félicitant de la mise en place progressive, aux niveaux local et maintenant national, d’instances de concertation – qu’elle souhaiterait, il est vrai, selon l’exemple allemand ou concordataire français, plus officielles encore –, l’Église de France a déploré, à plusieurs reprises, de n’avoir pas été suffisamment consultée, ni surtout écoutée, lors de l’élaboration de textes fondamentaux comme ceux ayant trait à l’avortement, à l’union homosexuelle ou, en 2004, à la bioéthique 53.

    «Sacre de la société civile», qui passe outre l’opposition, ni unanime ni identique certes, des grandes familles spirituelles : mais celles-ci dénoncent la rupture du lien social qui résulte de ces lois individualistes. Affrontement de tous les jours, sociologique, politique : ici il faut être catholique, ou protestant, ou franc-maçon, pour obtenir un poste, une faveur, et là, au contraire, cette appartenance constitue un handicap ; ici l’État est docile, là hostile, là encore indifférent à ce que dit, pense, demande telle Église. En réalité, là encore, la société civile commande, car c’est en elle que les individus, obsédés par les droits de l’homme, la tolérance, les victimes, les dangers qui menacent les enfants, les bonnes affaires d’autrui qui paraissent louches…, requièrent que les responsables politiques combattent l’existence même des sectes, considérées comme des groupes criminels avant tout délit constitué.

    Elle doit, pour servir l’intérêt commun, ordonner sa production normative aux règles divinement établies dont les Églises, et au premier chef la religion catholique, sont les grands conservatoires. Philologue, philosophe, théologien et prédicateur, Schleiermacher a voulu fonder la religion sur l’intuition ( Anschauung ) et sur le sentiment ( Gefühl ) : il reconnut à la théologie une spécificité qui ne lui fut plus contestée. D’autre part, le peuple composé par les citoyens n’est pas le même que celui composé par les croyants, ne serait-ce que parce qu’il existe des citoyens non-croyants, dont l’Eglise voit mal la légitimité à participer à son organisation. En portant ses convictions (religieuses, agnostiques ou athées) dans un espace public ouvert au débat, chaque citoyen accepte de les remettre en question ; il accepte aussi de reconnaître celles des autres. Mais s’il faut sortir de la vision sociologique qui assigne aux religions uniquement un rôle substantiel dans l’Etat, il faut aussi inciter l’Etat laïc à admettre que des croyants puissent ne pas être des bien-pensants dans la société civile postmoderne. Là aussi s’impose en effet le sacre de la société civile, avec le triomphe de l’individu : chacun peut dire à l’Etat : «C’est mon choix» (et mon droit, y compris avec des conformismes incroyables sous couleur de nouveauté).

    La force publique doit me protéger contre celui qui m’empêcherait d’aller à l’Église ; mais la force publique qui voudrait me mener à l’Église malgré moi serait à juste titre aussi ridicule qu’insupportable ». En tant que commandant du Quartier général impérial à compter de 1937, l’empereur Shōwa était considéré comme la pierre d’assise du hakkō ichiu 八紘一宇, la « réunion des huit coins du monde sous un seul toit ». Un premier moment qui perdure jusqu'à la fin de la IIIe République, la voit s'installer dans une relation d'affrontement avec l'État républicain : nostalgique de l'État catholique, elle rejette en bloc les « injustes lois laïques ». Il est vain, explique le philosophe néo-thomiste, de vouloir aujourd’hui restaurer la chrétienté traditionnelle : la cité doit s’édifier non point sur le principe, étatiquement garanti, d’« unité de foi », mais sur le fondement de la coexistence des différentes familles d’opinion, ce qui suppose de reconnaître l’égalité et la liberté des cultes.

    Dans un monde branlant, dont les autorités constituées ont été systématiquement remises en cause par une Révolution qui propage le principe de la conscience individuelle, le thème de l’infaillibilité pontificale renvoie au désir d’une solide assise.

    La figure la plus importante, Isaac Newton, est entourée de certains francs-maçons, notamment Desaguliers, réunis dans La Royal Society, Newton et la science ne sont pas encore entièrement débarrassés des spéculations inspirées de la magie, de l’astrologie et de l’alchimie. De là découle ce programme, que le directeur du Correspondant oppose aux « catholiques intolérants » (qui refusent la première partie de la formule) tout autant qu’aux « libéraux inconséquents » (qui n’en acceptent pas la première) : il est temps désormais d’instaurer « l’Église libre dans l’État libre » 9. Par leur participation aux rouages de l’administration ou du Parlement, par leur vote, par leur activité civile et politique, ils conjuguent la dimension chrétienne et la dimension politique sans la médiation politique d’un clergé qui, par son interventionnisme, nuirait à l’autonomie relative que réclame l’ordre temporel (…) la tâche d’illumination du temporel est désormais surtout confiée aux laïcs. Le système qu’ils instaurent est en réalité tout aussi « persécuteur » que celui proposé par Combes en 1904 : non seulement il dépossède l’Église, au bénéfice de la puissance publique, de ses propriétés ancestrales, mais, en voulant confier l’administration des biens cultuels à des associations possiblement dégagées de toute tutelle épiscopale, il subvertit de surcroît la constitution hiérarchique dont Dieu l’a pourvue 14.

    Une analyse pertinente de certains passages de la Démocratie en Amérique de Tocqueville permet à l’auteur de montrer comment s’exerce le pouvoir indirect de la religion : " c’est souvent grâce à l’autorité de la révélation qu’on peut éviter l’autoritarisme politique " (p.

    Les évêques gallicans, et parfois libéraux, du xix e siècle cèdent la place progressivement à des générations ultramontaines peu enclines à transiger avec « le libéralisme, le progrès et la civilisation moderne ». Les spécialistes voient surtout en Bremond l’auteur d’une monumentale Histoire littéraire du sentiment religieux en France , restée inachevée, dont certains aspects ont été vivement contestés ou sont aujourd’hui dépassés, mais qui demeure un instrument de travail indispensable. Il s'agit en fait d'une secte, mais au sens anglo-saxon, pas ce que l'on désigne chez nous comme secte, il s'agit donc d'un mouvement extrémiste qui s'appelle « Born Again » qui a un peu la même façon de surgir dans la société civile que les islamistes – et non les musulmans. Lorsque la laïcité n'est plus inclusive, lorsqu'elle ne permet plus à chacun de pratiquer sa religion, ses croyances, lorsqu'elle devient exclusive, lorsqu'elle pointe du doigt ceux qui pratiquent, cela peut devenir dangereux. À certains de ces cultes – l’Église catholique, la religion protestante (sous ses deux espèces, réformée et luthérienne), et, à partir de 1808, la religion juive –, il accorde cependant le bénéfice d’une reconnaissance particulière qui leur vaut d’être subventionnés par la puissance publique et, à mesure qu’on avance dans le siècle, de plus en plus insérés – l’Église romaine en tout cas – dans l’appareil d’éducation. Le sociologue Voegelin nous introduit à la relation entre politique et religion ainsi : « Qui parle de religion pense à l’institution de l’Église , et qui parle de politique pense à l’Etat ». Parce qu'étant baptisée catholique, je suis devenue athée, j'ai fait une recherche philosophique sur le bouddhisme qui m'a bien aidé à sortir d'une très grave dépression nerveuse.

    Un segundo período, a partir de 1945, ubica por el contrario a la Iglesia en una postura de apertura : admite entonces como “legítimo” el sistema jurídico surgido de la ley de 1905, sin reconocer sin embargo el principio de subjetividad política sobre el que éste se apoya. #DialogueEgliseEtat #MacronBernardins
    — Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) April 9, 2018 Plus mesuré dans le style – il fait partie de la majorité -, Manuel Valls ne s’en est pas moins fendu d’un message critique, rappelant que “la laïcité, c’est la France” et qu’elle n’avait “qu’un seul fondement : la loi de 1905, celle de la séparation des Eglises et de l’Etat”. L’atteste le succès du moine dominicain Savonarole, qui canalisa la ferveur populaire et parvint même à instaurer une république puritaine à Florence durant quatre années à la fin du XVe siècle. 24 / Je pense à une communauté comme Sant’ Egidio, fondée par des laïcs italiens dans les années 70 (40000 membres aujourd’hui), qui a proposé sa médiation dans le domaine politique (entre islamistes et pouvoir algérien notamment). Des catholiques le défendent farouchement au nom de la fidélité à l’Evangile : le christianisme n’a nul besoin de reconnaissances étatiques, que ce soit comme fondement du lien social ou comme partenaire reconnu “utile” dans la sphère publique, et cette déliaison est au contraire liberté pour agir et apporter sa pierre sociale, caritative, éthique…, au bien commun 9 . La question brûlante que pose au politique le retour du religieux, engage  la quête de sens, la conception de l’ordre et de la paix sociale, et relance sous de nouvelles formes le questionnement du pouvoir absolu autant religieux que civil. On a vu aussi dans les pays on la constitution civile est déclarée intégralement athée et ennemie de toute foi religieuse, on a vu aussi des consécrations d'enfants au régime, au parti, etc. Cependant, je l’ai dit, d’une part, de nombreux compromis et des quasi-reconnaissances officielles ont été passés avec ces religions instituées, même si – on l’a vu tout récemment – l’idée d’un héritage religieux de l’Europe inscrite dans un texte officiel paraît impossible à accepter.

    La meilleure illustration de cette pensée se trouve dans la " Déclaration du Clergé de France sur la puissance ecclésiastique " de 1682  , dans laquelle on pouvait lire qu’aucune autorité ecclésiastique, comme le pape ou un concile,  ne pouvait déposer un  prince et délier ses sujets de la soumission qu’ils lui doivent. Certainement, le spirituel compte énormément dans l’évolution de la culture et de la psychologie des hommes, mais a la manière des anciens qui utilisaient le beau mot grec de kosmos, carrappelons que, chez les Grecs, on ne parle pas d’univers mais de κόσμος (kósmos, « monde ordonné » en grec) : un monde clos qui a un ordre (par opposition au chaos).

    Avant, on jouait le pouvoir spirituel du pape contre le pouvoir politique du roi qui outrepasserait ses prérogatives ; avec la Révolution le pouvoir politique est lui-même politiquement limité par la constitution.

    Enfin la laïcisation des sociétés européennes est la conséquence du processus démocratique et l’acceptation d’une société irrémédiablement divisée, dont les valeurs sont soumises sans cesse à un débat. Dans la terminologie habituelle de l’histoire des religions, le syncrétisme désigne la fusion de deux ou de plusieurs religions, de deux ou de plusieurs cultes en une seule formation religieuse ou cultuelle.

    Je pense que c'est intéressant de se reposer des questions sur les valeurs de notre société qui font que l'on arrive à une telle faillite que finalement on a besoin de la religion pour apporter des réponses.

    Pour lui, la monarchie de Louis XIV est comparable à celle de David ou de Salomon, parce qu’elle s’apparente au régime d’un peuple consacré, d’une nation choisie par Dieu.

    Congrégations et associations cultuelles